12 juin 2014

~~ OUALIDIA : Déjeûner pieds dans l'eau, c'est han hé hé ~~

 

 

Avant de prendre la route de OUALIDIA, nous achetons une recharge téléphonique dans notre épicerie attitrée à la lisière de la forêt d'arganiers. Briti t'mchi mhana fi França? Tu veux venir avec moi en France? Je pose souvent la question aux enfants que nous croisons en espérant toujours que la réponse sera NON. Ne jamais laisser la terre de ses racines pour les miroirs aux alouettes des pays en crise. Le plus beau pays du monde est celui qui nous a vus naître. C'est un devoir et un honneur de lui rester fidèle.

Concernant le téléphone, la première chose à faire en arrivant au Maroc, c'est de retirer la puce Free, Orange, SFR, Bouygues de son Samsung ou autre Nokia et de la remplacer par une puce locale, en l'occurence pour notre pomme une puce Maroc Telecom avec numéro d'appel marocain : cela coûte 30 dirhams (2,90 euros) et la facture mensuelle est réduite par 10 au bas mot!!! On trouve des recharges partout y compris en lisière de la plus grande forêt d'arganiers du monde...

 

 

 

 

 

 

 

 

En quittant Essaouira, à quelques kilomètres vers le nord, à Moulay Bouzerktoun, un oiseau saute au-dessus des vagues tandis qu'un autre se pose sur une haie d'épineux...

 

 

 

 

 

 

 

Au Nord de Safi, les koubbas et autres marabouts sont nombreux sur la route côtière de Essaouira à Oualidia. Toutes les occasions sont bonnes pour garer notre petit convoi Berlingo/TK-Ravan et faire une pause-pose-photo... Nous saluons bien sûr au passage notre vieux compagnon Sidi Chachkal...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre TK-Ravan continue de séduire... On se met au diapason de notre lit à roulettes douillet... Vert-amande, vert-tilleul... Quel succès!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arriver à OUALIDIA début-juin un jour de semaine en début d'après-midi, c'est peut-être le moment idéal pour aller déguster langoustes, gambas et araignées de mer sur la plage... On peut acheter son poisson directement aux barques qui rentrent de mer. La vente se fait sur la barque même, à la criée. Il est indispensable de savoir compter en arabe. Le plus simple pour ceux qui n'aiment pas les chiffres, c'est de s'asseoir sous un parasol-pieds-dans-l'eau, c'est han hé hé hé!!! On viendra vous proposer aussitôt tout ce que la mer offre de plus frais. Nous jetons notre dévolu sur 4 langoustes vivantes, une bonne livre de gambas... L'araignée est offerte. Toujours négocier le prix avant de s'asseoir pieds dans l'eau, c'est encore plus han han han hé hé... et 5 à 10 fois moins cher qu'en France...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la main gauche du captain dépassent les pinces d'un scorpion fraîchement tatoué au henné au coeur de la plus grande forêt d'arganiers du monde. Etonnament, deux ans plus tôt à Rabat-Souissi chez Fatna, Soumia m'avait tatoué... un scorpion. Deux scorpions à deux ans d'intervalle tatoués sur les mains d'un captain-lion qui n'avait formulé aucune demande!!! Curieux curieux n'est-il pas!?!?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Oualidia en ce début-juin, le Maroc nous prouve une fois encore qu'il est le plus beau et le plus délicieux pays du monde. Demain, même si Maggy n'est pas parfaitement sage hé hé, nous poursuivons notre route du retour jusqu'à Rabat, once again, le temps d'un rituel, celui du thé au Café Maure des Oudaïas... Bonne soirée et à demain les amis.

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ThierryKarine

 


06 juillet 2011

~~ AU PAYS DES KOUBBAS ~~

 

 

 

Au Maroc, le paysage est jalonné de Koubbas, ces édifices aux formes épurées, à l'architecture simple, blanchis à la chaux, édifiés au-dessus du tombeau d'un personnage vénéré, un marabout, un saint...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous reconnaissez peut-être certaines de ces Koubbas que longent les routes du Royaume Chérifien. D'autres sont moins connues, comme la dernière perdue dans la grande plaine du Gharb. Le temps a posé sur son dôme une belle couleur vieux-vert. Tout autour, des tombes envahies par un champ de Khella, bou ch'nikha en arabe dans le texte. Comme l'anis, l'aneth, le fenouil, la carotte sauvage, le Khella fait partie de la famille des ombellifères chère à notre grand-père Gabriel. Traditionnellement au Maroc, les tiges des ombelles séchées s'utilisent en cure-dents. En décoction, par gargarisme (youri), le Khella soigne les gingivites et les maux dentaires. Par voie orale, le Khella soigne le diabète, les palpitations de l'aorte, la vessie, les douleurs de rein, la prostate, les coliques néphrétiques... En fumigation enfin, il dissipe les vertiges et les céphalées. En conclusion, il faut toujours garnir sa trousse de voyageur d'une ombelle de Bou ch'nikha, abondante au Maroc et particulièrement sur les friches argileuses du Gharb de notre enfance... (ne pas dépasser la dose prescrite...).

 

 

 

 

            

 

 

 

 

 

 

 

 

              

 

Au Maroc, que vous soyez mort ou vivant, recevoir de la menthe fraîche est signe de profondeur de sentiment. Les cimetières sont souvent situés à proximité d'une Koubba afin de demeurer dans la mouvance bienfaisante de l'esprit du saint. On dépose sur les dalles un peu d'eau fraîche dans une coupelle pour abreuver l'âme du mort qui erre à la recherche de son éternité... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Demain, puisque vous avez tous été d'une sagesse papale, nous irons faire le tour de SIDI CHAKHAL, perdu sur son rocher tout au bout de la plage du Cap Cantin aujourd'hui Cap Beddouza. Le Maroc lui aussi a son Mont Saint-Michel comme nous le racontera demain à Lalla Fatna notre ami AJA en nous faisant griller de savoureux sars pêchés en bas de la falaise...

 

Vous avez été nombreux à aimer cette page au pays des Koubbas. Elle a ravivé un souvenir lointain du côté de Cacouna. Merci à notre cousin des Amériques de le partager dans le blog des artistes, des poètes et des voyageurs. Salut Mich, salut Lucie, des grosses bises à vous deux :

 

 

 

""Après la guerre, au Maroc, Maman se débattait seule pour élever ses quatre garçons depuis que Jean-Marie, son compagnon, avait été foudroyé sur une colline, près de Rome en 1944. Elle avait repris le sillon tracé par son mari, le travail de la terre et les circonstances étaient loin de lui être favorables, pauvre petite Maman.

           Petit garçon j’étais littéralement rivé à Maman, aussi je me souviens très bien d’un épisode de l’année 1947. Maman avait fait semer des champs de lin, beaucoup de lin, sur des terres achetées par Papa bien des années avant, et que tous les deux avaient nommées  « Feddane St Georges » ( Jardin St Georges).

                Le lin avait poussé régulièrement, était devenu superbe, une merveille azurée, tous les indices d’une récolte généreuse, et alors que la moisson approchait, des concurrentes féroces, déterminées, innombrables, firent leur apparition: les fourmis.  Elles entreprirent avec méthode, en bonnes stakhanovistes, de décapsuler les réceptacles de graines et de transporter ces dernières en lieux sûrs pour elles!

           La récolte changeait de mains!

                C’est alors que l’Hâdi, le si fidèle contremaître de Maman, homme pieux et connaissant le pouvoir des ressources spirituelles locales, lui proposa de faire appel à la mémoire, au pouvoir de Sidi Bou Khebbouiz, sur les calamités naturelles que sont les sauterelles, les fourmis…

           Nous partîmes donc, Maman, l’Hâdi et moi dans la camionnette Peugeot 202, munis d’une pelle et de quelques couffins, demander à la mémoire du Saint Marabou la permission d’utiliser quelques poignées de sa terre pour éloigner les fourmis de la nôtre. Nous lui fîmes l’offrande de quelques pains de sucre.

           De retour aux champs de lin, je revois Maman et l’Hâdi les parcourant, chacun un couffin en bandoulière rempli de terre sacrée, renouvelant « le geste auguste du semeur », et  sollicitant sans doute dans sa foi et dans sa langue le pouvoir du Saint et aussi la clémence des fourmis.

           Le lendemain les fourmis avaient disparu.""

 

Michel François

 

Le 8 juillet 2011 à Cacouna au Québec

 

 

 

 


 

         

 

 

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