14 juin 2014

~~ De RABAT à CEUTA ~~

 

 

Si le Café Maure est un rituel obligé quand nous passons à Rabat, une halte à Moulay-Bousselham sur les bords de la Merja-Zerga, la belle lagune bleue, est tout aussi incontournable. Aujourd'hui, nous prenons juste le temps d'aller saluer ce bassin où nous venions aussi dans l'autre millénaire, avec nos parents et nos grands-parents. Une source sacrée, aujourd'hui tarie, faisait ici le bonheur des carpes et des poissons-rouges... Le sacré s'évanouit comme les heures merveilleuses de notre enfance...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A 7km de Moulay-Bousselham sur la route de Souk-el-Arba du Gharb, notre petit pépiniériste attitré : encore un arrêt rituel. Nous y achetons quelques poteries et des plantes... Après avoir distribué nos ballots de linge tout au long de notre périple, nous avons de la place dans le grand coffre inférieur de notre petite, géniale et supérieure TK-Karavan, ceci dit en toute modestie, mais avec une certaine fierté tout de même, parole "d'ingénieur-concepteur-en-chef" hé hé hé...

 

 

 

 

 

 

 

Pour les gens pressés, il y a l'autoroute bien sûr, qui vous mène en à peine plus d'une heure de Moulay-Bousselham à Tanger. Nous, une fois de plus, nous prenons le chemin des écoliers. Après avoir calé dans le bien pratique coffre inférieur de notre TK-Ravan poteries et plantes, dont un pied de basilic touffu et odorant, nous poursuivons notre bonhomme de chemin sur la route de Souk-el-Arba. Quelques kilomètres après avoir franchi le pont sur le Drader, nous prenons à gauche en direction de Lalla Mimouna. Ce n'est pas jour de souk et la route est vide. A l'entrée du bourg, deux jeunes filles prennent l'ombre sous un mimosa à épines (acacia karroo) en pleine floraison. Je ne vous dirai pas que la petite route qui mène de Lalla Mimouna à Arbaoua est une merveille. Aujourd'hui, elle est pour nous tous seuls, c'est du bonheur, et on espère qu'elle restera longtemps longtemps oubliée...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La route de Lalla Mimouna mène directement à Arbaoua à travers de magnifiques campagnes vallonnées. A Arbaoua demeure le bâtiment en béton de l'ancien poste-frontière entre le Maroc et le Maroc-espagnol. Nous faisons là une seconde pause-achat-poterie. Nous nous arrêtons par hasard devant la boutique N° 9. Le hasard fait bien les choses : le patron de la boutique N° 9 connaissait très bien notre oncle Sounet qui lui envoyait les clients et invités de la Sochatour, Société de Chasse Royale. A noter que la boutique N° 9 est bâtie autour d'un eucalyptus centenaire. Les tempêtes d'hiver ont fait tomber du bois mort sur le toit fragile, occasionnant quelques dégâts et déclenchant des vélléités d'abattage. J'ai fait promettre au patron du lieu de ne jamais abattre cet arbre vénérable (il faut 3 personnes pour faire le tour du tronc en tendant les bras) mais d'organiser un élagage conséquent. Les acheteurs viendront acheter les poteries à la boutique n° 9 et voir dans la foulée "l'eucalyptus gigantus" dispenser son ombre précieuse sur le lieu... Le message semble avoir été reçu. Nous avons promis de nous arrêter ici à notre prochain voyage en Octobre. Et si d'aventure vous passez à Arbaoua, allez prendre des nouvelles de ce bel arbre et demandez au patron des lieux une remise en souvenir de Monsieur Sounet... Salut notre oncle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Au Maroc, au cours du dernier demi-siècle, parole de captain, il y a eu deux évènements marquants : La Marche Verte, annexion pacifique de l'ancien Sahara espagnol lancée en 1975 par Sa Majesté Hassan II... et l'avènement du téléphone portable. Le téléphone portable est partout, dans les villes bien sûr, mais tout autant dans les campagnes, jusqu'au coeur de la forêt d'arganiers, tout comme ici dans la boutique-poterie n° 9 d'Arboua où on l'utilise pour additionner le montant de nos achats...

 

 

 

 

 

 

 

Salut la famille, et rendez-vous en Octobre prochain Inch'allah...

 

 

 

 

Une fois n'est pas coutume, nous avons décidé de quitter le Maroc par Ceuta, enclave espagnole à l'extrème nord du Royaume Alaouite. Nous arrivons à Fnideq, dernière ville marocaine avant la frontière alors que le jour décline. Nous garons notre Berlingo/TK-Ravan non loin d'un magnifique minaret bleuté, celui de la Mosquée Mohamed V sur la Corniche Hassan II, inaugurée pas Sa Majesté Mohamed VI en 2011. Trois noms, trois générations et toute l'histoire contemporaine du plus beau pays du monde...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous prenons notre dernier dîner marocain dans un délicieux restaurant populaire de Fnideq. Petit prix, grandes saveurs. La nuit est largement tombée sur le minaret de la Mosquée Mohamed V quand nous sortons de table. Nous passons la frontière toute proche à 23 heures, l'heure idéale. Peu de monde d'autant plus que début juin, nous ne souffrons pas des migrations saisonnières. Le douanier espagnol nous demande : "Franceses los dos". Si señor, et il ne prend même pas la peine de contrôler nos passeports. Du bonheur, car parfois les tracasseries douanières sont déprimantes, particulièrement à Tanger. Nous voilà donc en terre espagnole sans avoir encore quitté le continent africain. Pas de véritable camping à Ceuta : nous nous mettons en quête d'un endroit pour passer la nuit. Et nous trouvons sur les coups de minuit une place de rêve dominant le Détroit de Gibraltar.

 

 

 

 

C'est là que nous nous réveillons, non loin de  l'Ermitage Saint Antoine après une nuit peuplée de rêves où le captain reprenait du service à bord d'une géniale petite coque de noix vert-tilleul au coeur du mythique Détroit. Matin légèrement brumeux sur la rive espagnole. Il faut un oeil de captain pour deviner au loin le Rocher de Gibraltar et la Baie d'Algéciras...

 

 

 

 

Nous abandonnons notre petit-parking-palace-d'une-nuit-5-étoiles près de la Chapelle San Antonio pour aller boire un premier café con leche dans la zone portuaire et découvrir plus tard la belle ville de Ceuta si tout le monde est aussi sage que Claudine à Paris, Marianne à Lausanne, Michèle à La Chaume et Ghislaine à Brasilia...

Page suivante : ~~ CEUTA : Une belle sentinelle convoitée ~~

Belle journée les amis.

ThierryKarine

 

 


10 mai 2012

~~ DAR GARIDOU ~~

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La première maison de Jean-Michel Garidou, construite en 1947.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le douar Doukala, non loin de Moulay Bousselham et tout près de Lalla Mimouna, la maison chère à Jean-Michel est connue sous le nom de Dar Marcel Garidou. Elle fut construite par son père à son retour de guerre en 1947. Ici on reconnait le puits en béton armé, qui n'a pas pris une ride. 

 

 

 

 

 

 

On reconnait sur la photo ci-dessous de gauche à droite Claude Dudouet, Jean Garidou, Guy Garidou et Francis Debelle notre Sounet, tous fils du Gharb et tous promus au grade de Brigadier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre grand-père Gabriel, fondateur de Moulay Bousselham avec Monsieur Bonnal,  fut le tout premier à venir passer l'été en famille au bord de l'eau pour oublier les chaleurs du Gharb. C'est ainsi qu'en Août 1925, ma mère Lysette est arrivée à l'âge d'un mois à dos de chameau sur les dunes entre lagune et océan. A l'époque, aucun cabanon. Seuls se dressaient sur le sable les marabouts de Moulay-Bousselham sur la rive Nord de la merja, et celui d'Abdel Jlil el Tiar son rival de la rive Sud... Plus tard sont apparus les premiers cabanons dont celui de Marcel Garidou, le grand-père de Jean Michel, ci-dessus en 1933.

 

 

 

 

 

 

Le cabanon de Marcel Garidou à Moulay Bousselham après agrandissement en 1934.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons retrouvé Dar Garidou à la demande de Jean-Michel. Ici demeurent des souvenirs anciens. La ferme est toujours debout, rose du plaisir d'être à l'honneur aujourd'hui dans le blog des artistes, des poètes et des voyageurs. La vidéo est dans Dailymotion :

http://www.dailymotion.com/video/xqs19z_dar-garidou_travel

 

Demain, nous irons non loin de là à Siah tout près de Souk-el Arba du Gharb. Nous avons franchi le coeur serré la porte de Dar Neib, sans difficulté car depuis le départ récent de son dernier  occupant voilà quelques semaines, portes, fenêtres, grilles, balustrades, les dernières marques matérielles du passé sont livrées au vandalisme... 

Page suivante : ~~ DAR NEÏB ~~