07 mars 2011

MOUSSAC - BRIGNON - JEAN JOUBERT

 

 

Beau temps sur le Gard pour ce premier Dimanche de Mars. Nous nous garons Place de la Mairie à MOUSSAC, et nous partons à pied jusqu'à BRIGNON en longeant le GARDON par la rive gauche à l'aller, la droite au retour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je te donne ce poème, le mot arbre, le mot maison, et sentier, ruche, rivière, mésange, jardin, lumière, lune et soleil, nuit et jour, étoile, sourire, amour, le mot coeur, le mot caresse. Je te donne la promesse de l'amitié du monde. (Jean JOUBERT - Je te donne ce poème)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Amitié de l'arbre dans la nuit, contre les ruses, les fantômes. " Comment t'appelles-tu? dit l'enfant, sapin? platane? chêne? ou bien bouleau? hêtre? cyprès? Il fait si noir et la lune est si pâle, je ne vois que ton ombre. Protège ma demeure! " A l'aube, l'arbre bouge, et c'est un homme qui sourit, vêtu de feuilles et de branches. (Jean JOUBERT - Amitié de l' Arbre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Asseyez-vous, peuple de loups, sur les frontières et négociez la paix des roses, des ruisseaux, l'aurore partagée. Que les larmes, les armes, s'égarent dans la rouille et la poussière. Que la haine crachée soit bue par le soleil. La terre ouvre sa robe de ténèbres, sa nudité enchante les oiseaux, le jour se fend comme fille amoureuse. Sous un ciel ébloui viennent alors après tant de saccage les épousailles de la terre et du feu, le temps des sources, des naissances. Après le sang, la traîtrise et le cri, ah, tant rêvé! le règne des moissons pour le bonheur des granges. A nous qui hébergeons l'aube de la parole de rassembler le grain, les mots de l'espérance. Un jour d'été, l'enfant plonge dans la rivière, joue avec le soleil sous le regard apaisé d'une mère, le héron danse sur son nid de sable, le renard ouvre des ailes d'ange et le serpent, le mal-aimé, forçat de la poussière, sauvé, s'étire entre les seins du jour. (Jean JOUBERT - Asseyez-vous, peuple de loups)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'ami marche sur le sable, sans plus de bruit que la rosée. Pourtant je reconnais son pas, je devine son visage. Bientôt, il va franchir le seuil, souriant, me tendre le livre qu' hier chez lui j'ai oublié dans l'espoir qu'il me le rapporte. (Jean JOUBERT - Le Livre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L' ami a traversé l' océan des brouillards. Sur le pont du navire il s'est retourné une dernière fois. Il vit maintenant de l'autre côté de la terre dans un pays que je ne connais pas : montagnes, forêts, gorges profondes, où gronde une mer d' émeraude. Tant de beauté me hante et m' attriste puisqu' elle retient captif celui que j'aime. Dans l' âge, jamais je ne me risquerai sur cette route, et lui sans doute jamais ne reviendra. Entre nous, seules les pensées voyagent. Aussi, chaque soir, je contemple la lune, et, chaque jour, le soleil, en songeant que la même lune, le même soleil demain iront le visiter. (Jean JOUBERT - L' ami a traversé l' océan)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et les amis perdus, au hasard des routes, les égarés, les morts, les oublieux, ceux qui laissèrent sur le papier de minces traces, ceux qui parlent au loin avec une autre voix, ceux qui ragent dans le désert, ceux qui trahissent et nous blessent. De ces visages emportés, que reste-t-il au soir, dans cette chambre vide? (Jean JOUBERT - Les amis perdus)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Quelques visages demeurent comme reflets sur l'eau de ceux qui jadis vers nous se penchèrent pour nous parler, pour chercher dans nos yeux un accord, une promesse si clairs si nets que l'on s'étonne de ce ciel vide entre les arbres et, sur le pont, de la seule poussière. D'autres encore tremblent par temps de brume, se brouillent, se disloquent, insaisissables presque : ombres d'ombres pour nos regards. Et tant d'autres nous abandonnent, mêlés, sans nom, au plus noir de la terre. Pour eux, nous n'avons plus ni lampe ni mémoire. (Jean JOUBERT - Visages)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour à MOUSSAC, nous savourons deux Perrier-citron au Café du Midi, Place de la Mairie, en feuilletant le MIDI-LIBRE dominical. On y apprend que le 13ème Printemps des Poètes se déroule à Montpellier du 7 au 21 Mars. Et nous y découvrons Jean JOUBERT :

 

 

" Le poète existe vraiment quand il est lu "

 

 

 

 

 

 

" Bon Dieu que les gens intelligents sont bêtes "

(Jean JOUBERT - Les Sabots rouges)

 

 

La poésie a toujours raison. Comme Jean JOUBERT. Nous lui dédions toutes ces images.

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ThierryKarine

 

 

 

 

Posté par annexemj à 00:24
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